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Dès nos retrouvailles avec notre chauffeur, nous prenons la piste très difficile pour Bekopaka, petite ville complètement perdue au milieu de nulle part, et coupée du monde pendant plusieurs mois lors la saison des pluies.
Mais juste avant d'y arriver, nous devons traverser la Manambolo, rivière en crue lors des pluies, mais juste à la fin de la saison sèche, comme maintenant, il n y a plus assez d'eau et les voitures doivent d'abord rouler dans l'eau avant de monter sur le bac : Dani notre chauffeur est inquiet car il y a une fuite au niveau la roue avant du 4x4, il fait une réparation de fortune avec un plastique et nous dit qu'il va s'en occuper le lendemain.
Les touristes viennent ici pour marcher dans les Tsingy, massif incroyable. Vu la difficulté, nous décidons de ne faire que les petits Tsingy.
Il y a longtemps(200 millions d'années), le plateau de Bemaraha était recouvert par la mer, où abondaient les coquillages et surtout les coraux qui vont former des couches successives de sédiments calcaires.
La grande île s'est alors séparée de la plaque africaine : cette gigantesque plaque calcaire s'est alors soulevée au dessus du niveau de la mer au moment de ce glissement tectonique. Elle se fissure créant des canyons et des diaclases(cassures). Les effets conjugués du vent et surtout des pluies très abondantes et acides rongent le calcaire et créent ces crêtes acérées et ce relief incroyable.
Les Tsingy ont servi de refuge aux Vazimbas, chassés des hauts plateaux par les Merinas, lorsque la royauté Merina s'empare du centre de l'île. Ils s'enfuient dans les grottes, femmes et enfants y restent cachés pendant que les hommes sans chaussures vont chercher de la nourriture. (1882-1886)
Ce sont eux qui ont donné ce nom à ce massif: ils étaient pieds nus et marchaient sur la pointe des pieds, ce qui se traduit "Tsingy"
En rentrant avec notre guide, nous voyons ce vieux couple qui nettoie les graines de jujube avec du sable, elle a le pied dans un sac et malaxe le tout, son mari verse de l'eau dans le sac pour éliminer ce sable, quelle belle vision!!
Il y avait là un beau troupeau de zébus, les animaux les plus chouchoutés à Madagascar, ils honorent toutes les cérémonies: naissances, mariages, enterrements........mais ne sont plus sur leur pattes à ce momnt là!
Dans le jardin de notre petit hotel, des pépinières de baobabs et de nombreux arbres tout bizarres avec leurs piquants (manière de s'adapter à la sécheresse)
Très tôt le matin, avant notre balade guidée dans les Tsingy, nous avions fait une petite virée en pirogue sur la Manabolo, il y a de nombreuses grottes oú se cachaient les vazimbas; il y a aussi des tombeaux, mais c'est "fady" c'est à dire tabou, on ne peut y aller.
Dans cette région, pour montrer quelque chose on ne doit pas montrer avec le doigt allongé, mais replié.
Nous montons avec difficultés dans la grotte des chauves souris, où restent des ossements.
Pour quitter ce lieu, nous allons à nouveau retraverser la rivière, mais cette fois, la réparation est la bonne, nous garderons notre petite boite de tomates tout le voyage et le 4x4 a parfaitement fonctionné! Vive la débrouille
Notre 4x4, le bac, teuf teut terrible, et débarquement des piétons dans l'eau, bien sûr. Nous, les chanceuses sommes dans la voiture
Après la terrible piste, le chauffeur nous emmène dans un lieu qu'il connait bien et qui nous prèpare de bons camarones, ce sont des grosses crevettes. Pendant la préparation, nous nous baladons dans Belo.
Les pubs de télèphone sont partout, les zébus transportent le foin, le charbon de bois, les cailloux, enfin tout et n'importe quoi! Et pendant ce temps, les belles sont avec leur samsung
Pour se rendre à Morondava, il nous faut prendre encore un bac pendant 45 minutes sur la Tsiribihine. C'était vraiment amusant de voir les plus chiques avec leur tablette et les plus pauvres avec leurs poissons et leur bb!!
Le chauffeur demande à la fille en jaune "Mais comment tu peux avoir cette tablette apple? Elle répond: Kadoo!!!!!!!! Nous savons tous comment elle a au son cadeau!
Nous prenons la route plutôt désolée, car déboisée. C'est un véritable fléau à Madagascar, tous ou presque utilisent le charbon de bois pour la cuisine. Nous avons vu des montagnes de sacs de charbon de bois tout au long de notre voyage. Un sac de charbon de bois vaut environ 4 euros, il en faut 2 par mois, ce qui fait beaucoup d'argent quand on a 30 à 40 euros par mois!
La forêt recule au rythme de 300 000 hectares par an, sous le coup du défrichement qu'opérent les paysans. Poussés par la pauvreté, ils cherchent à étendre pâturages et cultures sur brûlis. Cette évolution fait craindre la disparition de la forêt, dûe à l'accélération de l'érosion, l'assèchement du climat et la désertification de l'île.
Les plus pessimistes disent que forêts et lémuriens auront disparu dans 25 ans si rien n'est fait pour trouver une solution alternative et pour reboiser à grande échelle.
Sur la route des tombes sakalavas, c'est le groupe ethnique le plus nombreux dans cette region
Nous sommes toujours sur une piste de terre et passons près du baobab sacré, arbre vénéré par la population, nous devons enlever nos chaussures pour pénétrer dans l'enceinte. Ce arbre est pluri centenaire, mais impossible de savoir son âge. Il faut 9 personnes pour en faire le tour!
A coté ce vieux combi VW
Les baobabs, merveilleux arbres que j'adore, sont particulièrement adaptés à la sécheresse grâce à leur capacité de stockage en eau dans leurs troncs épais, enflés qui peuvent en contenir 80%. Ils n'ont des feuilles qu'en saison des pluies, limitant ainsi leur perte en eau. Les fruits, ce sont des cabosses avec des graines charnues très riches en vitC. Ces fruits ont des formes très différentes, mais ont souvent plus grosses qu'une boule de pétanque.
La fibre de l'écorce sert à la confection de cordes, les femmes préparent des masques de beauté à partir de l'écorce réduite en pâte.
Dans certaines regions, le tronc est creusé de cavités qui servent de citernes et se remplissent à la saison des pluies: cela permet de survivre en saison sèche.
Ils peuvent atteindre 27 m de circonférence et le plus vieux baobab a 1600 ans, mais ces géants, vivant hors de la forêt sont en sursis, la plus grande menace vient de la réduction de l'habitat forestier à cause de l'agriculture sur brûlis.
De nombreux botanistes français ont travaillé sur les baobabs qui portent souvent leurs noms, comme Michel Adanson(1727-1806) : Adansonia est le nom botanique des baobabs
Les baobabs de Morondava sont surtout des Adansonia Grandidieri (encore un botaniste français)
Les japonais sont des fans de baobabs et participent financièrement à leur conservation. Au coucher du soleil, ils étaient légion!!!
Et maintenant, on se promène et on est sous le charme