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Nous avons une chance folle, alors que le train est en panne depuis des mois, il se remet en route le jour J !!!!Nous n'en revenons pas, notre guide, non plus . En effet ce "pauvre" train fait de bric et de broc, de vieille machine et wagons suisses n'en peut plus de monter et decendre ses 160 km depuis la ville des Hautes terres Fiana, comme disent les wazas, à plus de 1200m d'altitude jusqu'au port de Manakara sur la côte est : cette ligne de chemin de fer s'appelle donc la FCE Fianarantsoa Côte Est
Nous arrivons à 6h30 à la gare de Manakara, mais nous attendons longtemps, il y a tellement de marchandises à emmener, en particulier toutes ces vanneries qui vont être remplies de litchis.Nous démarrons un peu avant 8H
A la fenêtre dans l'ordre, Mireille,ma soeur, Catherine et Danièle des amies, puis le beau conducteur de "la machine"
C'est l'un des seuls trains de voyageurs de Mada, cette ligne est en activité depuis 1936 et transporte environ 150 000 voyageurs et 15 000 t de marchandises par an
La région étant totalement enclavée, (aucune route) c'est le poumon économique essentiel. 200 000 paysans sont directement concernés pour le transport de leurs récoltes
Entamée en 1926 pour les besoins de la colonisation, la construction de la ligne s'est terminée 10 ans plus tard, le but étant d'acheminer toutes les richesses vers la mer puis vers l' Europe.
Plusieurs dizaines de milliers d'hommes ont oeuvré pour ce train, mais les travaux des 67 ponts et surtout , le creusement des 48 tunnels ont coûté la vie à au moins 5000 hommes, ce qui explique en partie l'attachement viscéral des riverains à ce train
Les travaux indispensables ?
Le ministre des transports indique qu'il n'existe pas de budget pour l'achat d'une autre locomotive. Lorsque nous y étions, ils attendaient la pièce depuis des semaines pour réparer le moteur
L'union européenne assure le financement des réparations de la loco et des rails ..........?
Incroyable, les rails viennent d'Alsace, les français les prirent aux allemands après la première guerre mondiale, il y a 3 wagons de voyageurs et 2 de fret, 200 voyageurs et environ 300t de marchandises grimpent ou dévalent la pente suivant les jours puisqu'il n y a qu'une voie : le train descend 1j sur 2 et remonte le lendemain, il s'arrête à 18 gares Les arrêts dans les gares dépendent de la quantité de marchandises chargées et déchargées et peuvent durer 1h dans les gares les plus importantes .
Nous passerons donc environ 11h dans ce train car il ne fait que 20 à 30 km/h
ce wagon est bondé car les places sont beaucoup moins chères, les touristes n'y ont plus accès, on voit ici 2 voies, mais une seule est en état de marche
A chaque gare , une foule attend, tout le monde vient voir le train
C'est une grande gare, un lot de moustiquaires va être déchargé pour une distribution dans les villages et un lot énorme de corbeilles de litchis est chargé pour la ville de Fianarantsoa : nous sommes en pleine saison, à chaque arrêt dans les petites gares, on nous en propose mais nous ne pouvons en manger des kilos chacune, pourtant nous aimons toutes cela, et nous en faisons une véritable cure!!
Les arrêts dans les villages sont évidemment beaucoup plus typiques, mais on voit aussi combien ils souffrent, tant ils ont besoin qu'on leur achète leurs produits : fruits, épices, poulets, vanille colliers..........et même des robes brodées sur leurs modèles, les étiquettes de prix sont accrochées sur les robes
Les mamans ont brodé les robes qu'elles aimeraient bien vendre
Tous dans cette région ont un problème de survie et le train est une aubaine pour écouler ses produits. Tout le monde compte sur le train, s'il ne passe pas , c'est la catastrophe !
En 2000, lors de graves cyclones, il y a eu plus de 200 éboulements sur la voie qui a failli disparaître, des centaines de tonnes de bananes ont pourri sur place
Espérons que l'Etat puisse prendre conscience de l'importance économique de ce train
Continuant notre périple vers le Nord, nous arrivons dans une région productrice de bananes
Dans certains villages, c'est jour de marché, c'est aussi la sortie de l'école
Quand les arrêts sont très longs, je descends du train et vais me vadrouiller dans le village
Les femmes sont ravies de se faire prendre en photos pour se regarder après, ici elles voulaient toutes se faire prendre avec leur bb, ensuite le mari aussi a voulu se voir,ils sont toujours étonnés et heureux quand ils se découvrent sur l'écran. Les enfants aussi veulent sans cesse se regarder, ici, ils me montrent leur engin roulant et leur camion qu'ils viennent de fabriquer. Je m'arrête et j'admire l'ingéniosité pour charger la batterie
Le train arrive, elle ouvre sa fenêtre
Que de beaux visages sur ce trajet, ou plutôt que de jolies scènes entre frères et soeurs
C'est la fin du voyage, il pleut, cette journée magique se termine, Mireille et moi regardons ces dernières images toutes embrumées et un peu iréelles.
Et maintenant, nous quittons cette voie royale, royale par sa beauté et ses habitants, avec cet enfant accroché aux wagons pour nous vendre ses colliers