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Je quitte mon petit cocon douillet pour me lancer vers Johannesburg, en passant par les superbes montagnes du Drakensberg.
Marie Pierre m'emmène vers un backpacker, (sorte d'auberge de jeunesse) où se trouve le RV du Baz Bus. C'est un bus avec un système de hop and off, c'est à dire que l'on se déplace de Backpaker en Backpaker, on descend et on remonte quand on veut. J'ai donc pris un pass du Cap à Jobourg, comme on dit là bas, j'ai souligné les lieux où je me suis arrêtée.
Ma première étape sera au BP du Paradise, à Oudtshoorn
Ma première étape sera au BP du Paradise, à Oudtshoorn, la ville des fermes d'autruches.
Sur la route, beaucoup de fermes et de champs cultivés, nous sommes en été, à l'époque des moissons. J'ai souvent été frappée par ces réseaux électriques, énormes près des centrales et un peu anarchiques près des townships.
Me voici arrivée au BP Paradise, où évidemment, tous goûtent de l'autruche, à toutes les sauces, ici en brochette, là en omelette. Un oeuf d'autruche correspond à 24 oeufs de poule.
A l'auberge, ils font 8 omelettes avec un oeuf d'autruche, j'ai du mal à finir!!
La structure est spécialement sympa, et surtout "l'Owner", comme on appelle là bas le propriétaire. Comme il propose de monter en voiture les vélos, au col du Swartberg Pass, de ceux qui veulent redescendre ces 50km de très beaux panoramas, je demande si, par hasard, je pourrais monter et redescendre avec la voiture, juste pour profiter de cette vue magnifique. Il accepte facilement et me propose un prix dérisoire.
Le lendemain, il faisait déjà 40 degrés vers 7h du matin, il a donc supprimé la balade vélo, trop dangereuse, mais m'a dit : "Pas de problème, je vous avais promis, donc vous montez comme prévu avec le chauffeur". Je n'en revenais pas et n'en suis surtout pas revenue, quand j'ai vu la difficulté de la route.
Ce sont les bagnards qui firent cette route terminée en 1888, toujours non goudronnée sur un long tronçon, je suis gênée pour le chauffeur et lui dis que nous ne sommes pas obligés de monter jusqu'au col, mais il me répond qu'il fait cela tous les jours, et qu'il n y a aucun problème!!!
En bas du col, c'est la récolte des oignons
En redescendant, le chauffeur me laisse aux Cango caves, grottes superbes qui ont servi de refuge à la population, il y a 15000 ans. Les San y ont séjourné jusqu'à 6000 avant notre ère. J'ai une chance extraordinaire car je tombe sur une guide qui nous chante l'Ave Maria, c'était vraiment extraordinaire, et très rare parait-il, ça m'a remplie de joie toute la journée!
Mais, si nous venons dans cette ville c'est aussi et surtout pour les autruches, la visite ne m'a pas beaucoup plu; il faut dire que les autruches comme nous et comme le guide, avions très chaud!!plus de 45 degrés. Le guide a donc bâclé ça vite fait, et nous n'avons pas vu, ni appris grand chose. De toutes façons, je ne comprends que peu de chose dans les visites guidées en général. Heureusement, il y a pas mal de documents écrits.
Comment se fait il qu'il y ait toutes ces fermes d'élevage d'autruches? C'est ce que je me suis demandée.
Les plumes d'autruche furent toujours très appréciées dans les cours européennes. Au 18ème siècle, un commerçant français propose une récompense à qui pourrait reproduire ds autruches en captivité, ce qui fut fait pour la 1ère fois en Algérie, mais c'est en Afrique du Sud que le premier grand boom eut lieu avec les premiers incubateurs en 1867. Cette région d'Oudtshoorn était propice à cet élevage : beaucoup de terres, présence d'eau et culture possible de la luzerne, favorable à la croissance des plumes.

C'est à cette époque que les chapeaux des femmes en Europe étaient ornés de plumes d'autruche. il y avait à l'époque près de 32 000 fermes d'autruches, 40% des fermiers de la région. En 1909, l'Afrique du Sud répondait à 85% de la demande mondiale, mais peu à peu, la décrue s'annonça et ce commerce périclita : les femmes ne pouvaient plus monter en voiture avec ces grandes plumes, le commerce des plumes à chapeaux s'effondra, la surproduction fit chuter les marchés,
On ne retrouvera une période d'expansion, longtemps après la seconde guerre mondiale, que dans les années 1970, où la viande d'autruche commença à être appréciée et la peau, utilisée pour le cuir, solide et original avec ses petites "perles" ou picots, qui apparaissent là où les plumes ont été retirées ! Ce cuir a une grande résistance à l'éraflure et au déchirement.
L'emporium venait d'ouvrir! Après une longue marche sous le soleil et la chaleur, ne trouvant rien de joli, je rentre dans une brocante et demande où on pouvait trouver des jolis objets en cuir d'autruche; l'antiquaire prend son téléphone et un charmant monsieur vient me chercher en voiture et m'emmène à 2km de là, à ce fameux emporium. Il avait l'air d'être quelqu'un de très important dans cette nouvelle entreprise.
J'achète de nombreuses ceintures pour la famille.
Venons en maintenant aux élevages, il existe plusieurs dizaines d'élevages, voir quelques centaines, avec encore de nos jours 200 000 autruches, impossible de vérifier ces chiffres!!
Les autruches sont polygames et vivent en bandes, les femelles,(environ 100kg), sont brunes, plumes moins jolies que celles des mâles,(150kg), qui sont noires et blanches, les blanches étant les plus prisées.
Ce qui est vraiment curieux, c'est la taille de l'oeil qui pèse 60g, alors que le cerveau en fait seulement 40g.
Les autruches ont une vision exceptionnelle mais un petit pois dans le cerveau! Elles vivent à peu près 50 ans, pondent de 2 à 40 ans. Quand le mâle s'est accouplé, il conduit la femelle jusqu'au nid, qu'il lui a creusé. La femelle pond des oeufs en chapelet pendant 2 ou 3j, pouvant aller jusqu'à 20 oeufs, puis ils couvent à 2, la femelle le jour, le mâle la nuit. Mais ceci c'est dans la nature.
Dans les élevages, on retire les oeufs chaque jour et sur une période de ponte, l'autruche peut pondre 70 oeufs!!!
Il faut 42j d'incubation pour avoir des petits, mais il y a une mortalité importante
Les oeufs sont mirés pour suivre leur développement. Allons voir ces gros oiseaux, qui ne volent pas.
On voit bien les picots sur la peau, où les plumes sont arrachées.
Je retrouve le Baz bus sur la côte, à Georges et m’arrête à nouveau, quelques heures plus tard dans un backpacker de Knysna, très sympa là aussi. La proprio me donne le nom de la compagnie de bateau qui propose des balades sur la lagune, au soleil couchant, et me le conseille vivement
En allant vers le waterfront, je vois une dame avec cette drôle de boite de conserve, qui est, pieds nus dans la lagune et ramasse des crevettes, ressemblant à des écrevisses.
Bateau extrêmement lent, donnant quelques explications et multe détails à propos d’un immense feu qui a tout détruit su la côte, l’été dernier. Comme d'habitude, je ne comprends pas grand chose.
Nous allons vers la passe où la lagune rejoint l’océan, passe très dangereuse.
Des japonaises ont passé 1H30 à se prendre en photo sous toutes les coutures, C'était assez énervant, car elles gênaient tout le monde, mais s'en fichaient!
Sachant que c’est la ville des huitres, je m’installe et commande 4 huitres(car c’est bp plus cher que ce que je croyais!) avec un verre de vin blanc!!!Heureusement, il y a beaucoup de pain et je n’ai pas trop faim, en sortant de là.
Le lendemain matin, je vais visiter cette drôle de communauté rastafari. Je vais m'inscrire à l'office de tourisme; nous sommes 3, un couple italien et moi. Zeb, brother Zebulon, arrive et nous attendons un copain à lui, qui arrive dans un drôle de tacot et nous conduit jusqu'au Judah Sqare, quartier rastafari du township, à quelques km de la ville.
Je ne sais si vous êtes comme moi, mais j’ignorais tout des rastafaris!
En Jamaïque apparaissent dès la fin du 19ème des mouvements ethiopanistes, basés sur des lectures et interprétations de la bible, et prônant la venue d’un messie noir et le retour des esclaves noirs en Afrique, nouvelle terre promise!
Ce mouvement social culturel et religieux se développe beaucoup en Jamaïque en 1930, à la suite du couronnement de Tafari Mekonnen, corégent d’Ethiopie, devenu Hailé Sélassié (qui signifie Puissance de la Trinité). Il revendique sa filiation avec le roi Salomon et la reine de Saba.

Pour les Jamaïcains ethiopanistes, c’est le nouveau messie noir
C’est Zeb, brother Zebulon qui nous fait la visite; en fait nous n’irons pas vraiment au coeur du quartier, nous restons dans la rue principale à écouter la bonne parole que lui inspirent toutes les peintures murales de ce quartier. Une trentaine de familles vivent ici dans une grande communion sociale et spirituelle.
Il a une chevelure incroyable puisque ne se s’est pas coupé les cheveux depuis 27 ans, pour garder sa force, comme Sanson;pour Zeb, c'est une force spirituelle, il se sent investi d'une mission.


Il nous fait, bien sûr l’apologie du cannabis qui est légalisé dans ce quartier depuis 1987.

Nous allons dans l’église, où Zeb nous chante des psaumes. Comme partout, ici aussi, de grands portraits du Roi Messie Hailé Sélassié.
Nous passons près de l'école et sommes suivis par ces enfants qui nous donnent la main
Ensuite il nous fait une démonstration de peau d’ail en guise de papier cigarette
Nous allons ensuite dans la maison communautaire, qui sert de parloir et de fumoir
Nous allons ensuite à la boutique, où l'on vend des foulards avec le lion, avec le cannabis, quelques colliers... Cette boutique est tenue par cette fille, très moderne avec son portable, comme beaucoup en Afrique du Sud
Vous l’aurez compris, cette communauté est très marginale, mais avec ce couple italien, nous avons passé un super moment très sympa et instructif. La présence de ces enfants fut aussi un réel bonheur.
J’avais très envie d’aller voir la vue depuis les falaises « The Heads », d’où l’on aperçoit, d’un coté la lagune, de l’autre, l’océan. Cette passe entre la lagune et l’océan est l’une des 8 plus dangereuses du monde. Les assurances n’assurent pas les bateaux qui transitent par ici.
Je repars de Knysna vers Port Elizabeth, où je ne ferai que dormir.
Depuis Port Elizabeth, nous passerons vers Port Alfred, East london, nous déposons peu à peu ceux qui s'arrêtent dans les auberges
Voici quelques photos, en route.
Nous montons vers l'intérieur, dans la région de Mthatha, habitée par les Khosa, la "tribu" de Mandela. Le chauffeur s'arrête pour nous montrer la maison, que Mandela a fait construire après sa sortie de prison.
Quand il était petit, il vivait dans cette région, dans une grande pauvreté.
Beaucoup de photos sont prises du bus et ne sont donc pas formidables. Mais je pense que c'est bien de voir le paysage changer, de voir les villages, les maison rondes.........
Bien sûr, de temps en temps, nous nous arrêtons pour manger!
Nous filons maintenant vers Kokstad et vers la montagne du Drakensberg, là je prendrai un taxi commun pour le Backpacker, le Sanilodge
De nombreuses petites maisons cont été construites par l'état et par les fermiers, obligés de loger leurs salariés après des années de service.
Dans cette auberge, il est proposé d'aller discuter avec des anciens, en particulier avec ce vieux zoulou, qui vivait sous le régime de l'apartheid.
Il a 87 ans et ne parle que zoulou, une des employés du sani lodge m'accompagne et traduit en anglais; il parle surtout du manque de libertés et du fait, qu'il fallait toujours demander la permission à la police pour tout.
Pour lui, la vie est plus facile , mais presque aussi dure, il est pauvre et vit dans cette maison avec sa fille, maison qu'il n'a pas fini de payer. Mais il est vraiment heureux de dire que l'école est gratuite, mais pas l'université. Par contre, les très bons élèves ont leurs études payées.
A l'intérieur, sa maison est presque vide, nous avons amené le thé que nous buvons ensemble. Il pleut à saut, mais quand nous sortons, la pluie a cessé et la lumière est très belle
La lumiere est si belle que je vais un peu me promener, mais la nuit tombe