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Nous sommes hébergées dans une maison de la banlieue de Tanjore, la maison n'appartient pas à nos hôtes, qui sont adorables et nous font une délicieuse cuisine végétarienne. Je crois d'ailleurs qu'ils sont peu payés pour leur travail, mais bon!!!!!
Il y a un jardin où ils nous installent pour le petit déjeuner, constitué, entre autres choses de ces petits chaussons de pâte de riz, fourrés de je ne sais quoi !!!Ils parlaient très peu anglais et les conversations n'allaient pas loin!!Dommage. Ils nous regardaient manger du début à la fin, ils semblaient profiter du fait que nous nous régalions et s'envoyaient des petits coups d'oeil, ayant l'air de se dire l'un à l'autre : "tu as vu, ça leur plait!!"
Chaque matin, toutes les femmes faisaient leurs kolams devant leur porte, quelle leçon pour nous, ces kolams ephémères : passer du temps à faire qqchose qui va disparaître rapidement!!
Les kolams sont faits chaque matin devant l'entrée de la maison, ce sont des dessins éphémères que chaque femme réalise avec soin, vers 5h du matin, pour souhaiter la bienvenue et porter chance. Ils sont faits, à main levée, en laissant la poudre de riz, s'écouler de leurs doigts
Sur la route, nous nous arrêtons devant un stand de noix de cajou et nous regardons comment ils procèdent. Evidemment toutes les noix de cajou ne sont pas préparées comme celles là, mais celles que nous avons achetées ne peuvent être mangées qu'avec un grand respect et une certaine tristesse, tellement c'est dur!!!Les coques des noix sont très dures et doivent d'abord être chauffées presque brulées, puis aussitôt avec un petit marteau, ils cassent la coque brulante pour récupérer ce que nous mangeons et appelons noix de cajou. L'homme qui faisait cette opération avait la peau des mains dans un état affreux, tout est fait ici à mains nues. Voilà un article que j'ai trouvé
"Les noix sont ouvertes dans une décortiqueuse pour pouvoir en extraire l'amande encore protégée par une fine pellicule amère qu'il faut retirer. Ces deux opérations se font avec des gants car la coque contient une substance corrosive : le "baume de cajou". Pour retirer la pellicule amère autour de l'amande, il faut sécher ces amandes dans un four... Vous l'aurez compris, les précieuses noix de cajou ne sont pas faciles à obtenir !
Cet arbre au port étalé est apprécié pour son ombre. Grâce à ses racines très développées et profondément enfoncées dans la terre, il est aussi très utile pour prévenir l'érosion. Cet arbre fournit aussi du bois de chauffe, du charbon de bois et du bois de menuiserie. Son écorce fournit des tanins et de la teinture jaune. Quant au baume de cajou, toxique et irritant pour la peau, il est utilisé dans la fabrication d'encres, de vernis, d'imperméabilisants ou encore d'insecticides."
Entre les brulures et les composants corrosifs des coques, on comprend que l'état de leurs mains soit terrible
Ici, un anacardier(arbre à noix de cajou)ses fleurs, ses fruits et enfin les noix de cajou entourées de leur coque dure
Quels yeux bleus magnifiques, la grand mère trie les noix avant de faire les paquets prêts à vendre sur la petite table
Nous partons vers Ramesvaram et passons par Tirumayam, ville où il y a ce grand fort au pied de la montagne et 2 petits temples dédiés forcément à Vishnu et Shiva
La ville que nous traversons en y allant, est pleine de ces affiches publicitaires d'hommes politiques, en général, leurs photos sont énormes!!
temple de shiva
Près du temple quelques sadhus, nous en avons rencontré très peu dans notre périple, peut- être parce que nous sommes allées dans des lieux touristiques
Le sādhu (du sanskrit साधु sādhu, « ayant atteint son but, homme de bien, saint homme »1) est, en Inde, celui qui a renoncé à la société pour se consacrer à l'objectif de toute vie, selon l'hindouisme, qui est le moksha, la libération de l'illusion, l'arrêt du cycle des renaissances et la dissolution dans le divin, la fusion avec la conscience cosmique. En tant que renonçants, ils coupent tout lien avec leur famille, ne possèdent rien ou peu de choses, s'habillent d'un longhi, d'une tunique, de couleur safran pour les shivaïtes,
Le temple est complètement lié à à la colline. Ici plein de Nagas. Le Naga est le symbole du cycle éternel du temps et de l'immortalité car il se renouvelle sans cesse par la mue. En Inde du Sud, il est aussi symbole de fertilité. Les têtes du serpent sont orientées vers la tête du Dieu Vishnu, ce qui signifie que l'objectif de notre vie est d' orienter notre énergie vers le Divin.
Nous arrivons dans la région du Chettinad, qui a été très prospère, grâce au commerce avec Ceylan et toute l'Asie du Sud Est. Au 20ème siècle, ces riches commerçants se sont souvent reconvertis en banquiers, bien peu de ces riches personnages vivent ici, à demeure. La plupart ne reviennent ici que pour les mariages, fêtes de famille, comme dans la maison où nous logions. Ces grandes bâtisses superbes datent du 19ème ou début 20ème, certaines sont totalement restaurées , d'autres sont un peu délabrées.
Voici le plus bel hébergement que nous ayons eu de tout notre voyage
C'est une belle demeure du 19ème, on nous reçoit comme des reines avec collier de fleurs et boissons fraiches, nous sommes émerveillées par cette belle cour où sont nos chambres. Le soir nous assistons à la réalisation d'un grand kolam pour une grande fête, sorte de baptème pour le petit fils qui venait pour la première fois. Ce qui était passionnant dans la réalisation de ce Kolam, c'était la concertation entre les femmes, nous sommes restées très longtemps à regarder le dessin qui était fait, puis effacé, puis recommencé, on voyait qu'elles cherchaient vraiment une idée commune à réaliser. Voici les dessins à mi parcours quand nous sommes arrivées, et à la fin
Voici maintenant notre promenade à pied dans cette toute petite ville endormie, il n' y a quasiment personne dans les rues.
Voici le palais le plus luxueux et le mieux conservé de toute la région.
Les unes sont splendides, en pleine rénovation(presque un peu trop), les autres tombent un peu en décrépitude, faute d'argent bien sûr!
Il y a plusieurs ateliers de tissage où l'on peut acheter des saris simples en coton ou merveilleux en soie, il y en avait de splendides, très finement décorés de fils d'or; moi je me suis contentée d'un sari en coton pour recouvrir un vieux canapé. Certaines femmes viennent faire leurs achats et restent là un temps fou, je ne sais combien elles en ont acheté!
Nous allons visiter une petite entreprise de carrelages assez étonnante : le dessin est fait à la peinture sur une plaque de verre, placé dans un cadre métallique, puis du sable est déposé puis du béton, le tout est mis à sécher avec le verre,(quelques heures) il restera ensuite dans l'eau pendant au moins 20j, puis mis à sécher et c'est fini
Carreaux bien rangés dans l'eau puis mis à sécher et enfin, c'est prêt et c'est beau
Cette femme fait de beaux carreaux rouges unis
Elle était très sympa et très souriante
Encore un petit sanctuaire dédié à Ayanna, dieu tamoul très local. Nous ne visiterons que l'extérieur, très particulier, car les pèlerins et surtout les villageois apportent des statues de cheval faits en poterie, les uns sont tout neufs et récents, les autres au contraire ont déjà un certain âge. Ces chevaux sont censés tirer le chariot du dieu. Les expressions de ces chevaux sont impressionnantes!!
A coté du temple, une ferme et une petite fille qui travaille dans la cour de ferme
Tout est à acheter avant de rentrer dans le temple, petites lampes à huile ou à beurre, feuilles de bétel, noix de coco, fleurs......
Avant de quitter notre petite ville du Chettinad, nous allons au marché
On les voit même dépecer des chèvres, avec Mireille, on a pensé à papa quand il enlevait la peau des lapins
Nous quittons ce lieu et partons pour Rameswaram, ville située sur une île et reliée au continent par cet immense pont. Tout hindou souhaite venir y prier au moins une fois dans sa vie, parceque Rama y est venu se purifier du meurtre du démon Ravana qui lui avait volé sa femme Sita. (Ramayana) Il érigea un lingam pour remercier Shiva, puis ce grand temple fut construit.
Nous passons ce très grand pont, dominant le chemin de fer qui allait jusqu'au bout de cette péninsule vers le Sri Lanka
Nous commençons par un tout petit temple surélevé, où le dieu Rama aurait laissé une empreinte de pied. Nous pourrions presque voir le Sri Lanka qui n'est qu'à 25km, mais il y a de la brume
Maintenant nous voulons aller tout au bout de la presqu'île, le bout du monde. Nous commençons à pied, n'ayant pas compris qu'il y avait 5 à 8 km et des petits bus amphibies qui allaient sur le sable et dans la mer; Il fait un soleil de plomb, nous n'avons pas d'eau, Mireille, assez vite déclare forfait, nous faisons les malines et pensons aller au bout , mais au bout d'1 ou 2 km, nous nous rendons compte que c'est de la folie et qu'il fait trop chaud!!!!Nous rebroussons chemin.
Ce bout de presqu'île était un lieu sacré, face à Ceylan et a été balayé par un cyclone en 1964, village, train et la voie ferrée n'ont jamais été reconstruits
Quelques rencontres sur le chemin
Belles indiennes en pèlerinage, à coté de pêcheurs pauvres qui font des km à pied, je ne sais comment il pouvait marcher pieds nus sur le bitume. Sur une des photos, on voit bien la mer des 2 cotés
En route, ce village de pêcheurs très pauvres
Et voilà les bus amphibies que nous aurions dû prendre!!!
Nous arrivons à Rameswaram assez tard, allons dans le temple, incroyable car tout le monde se fait asperger autour des 22 puits mais heureusement pour vous, photos interdites!!!
Au couchant du soleil, un engin arrive, crachant cette fumée, on se demande ce que c'est, on apprend que c'est de l'anti moustique!!
C'est demain le jour du grand pèlerinage, il y a beaucoup de monde dans la mer.C'est le lieu de pèlerinage le plus important après Bénarès. Ce pèlerinage a lieu 4 fois dans l'année et nous avons la chance d'y être ce jour là.
Le lendemain matin, nous nous levons à 5h pour être à 5h30 à la plage et là, c'est carrément de la folie, on essaie de ne pas se perdre de vue et de ne pas être écrasée!!!!On essaie de se tenir en file indienne, heureusement, au bout d'un petit moment, on trouve un promontoire et on s'y installe, on peut enfin "rerespirer" normalement. Je ne me rappelle pas avoir déjà vu une telle foule. La plupart des gens arrivent avec de grands sacs plastique, remplis de serviettes et de vêtements de rechange. Nous arrivons à la nuit, peu à peu le jour se lève.
Il y a tellement de monde que la police veille
Ici, beaucoup de prêtres font des cérémonies
Il y a encore beaucoup de monde, tous vont au temple après les ablutions dans la mer
Nous repartons vers la ville, il est 8h, nous allons prendre le petit déj dans une gargotte, à coté de l'hôtel
Beaucoup de pélerins commencent à prendre le chemin du retour