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Invitée à venir découvrir cette île par un musicien mauricien, rencontré à Nyons, nous avons débarqué toutes les 3 chez Marie Ange, la marraine d'Armel. C'est chez elle que je vais rester un mois dans le quartier créole de Cassis, â Port Louis.
Ne connaissant rien de cette île, j'ai recherché quelques points historiques que je vous livre ici. Non intéressés, passez votre chemin!.
Au 14 ème siecle, des voyageurs arabes abordent l'ile, mais ne s'y établissent pas.
Au début du 16 ème, les portugais entreprennent la conquête des comptoirs arabes de l'océan indien, ne voulant plus dépendre des arabes pour leurs produits exotiques. Cette île inhabitée ne les intéresse que pour les escales.
En 1598, les hollandais y débarquent et lui donnent son nom, toujours actuel Mauritius, en l'honneur du prince Maurice de Nassau. Ils tentent de coloniser l'île, mais les cyclones, les maladies et les rats ont raison des colons qui repartent vers l'Afrique du sud, en 1710. Pendant cette periode mauritienne, ils développent le commerce des esclaves, commencent la culture de la canne à sucre en 1639, mais pillent l'île, abattent les bois precieux, chassent le dodo et les tortues géantes qui disparaissent. Le dodo est pourtant toujours l'emblème de l'ile, on en trouve dans les jardins et dans tous les magasins de souvenirs.
En 1715, les français, commandés par le capitaine d'Arsel, arrivent de l'ile Bourbon ( la Reunion ) et prennent possession, sans difficultés de l'île, qu'ils baptisent l'isle de France. La colonisation commence mais les premières années sont très dures, les cyclones font des ravages, la nourriture se périme vite, les gens meurent, mais en 1735, l'arrivée du comte de La Bourdonnais, au poste de gouverneur marque l'essor de l'île. C'est lui qui fonde Port louis, il améliore le port, fait construire le premier moulin à sucre, édifie un hopital. Il réintroduit la canne à sucre, lance l'industrie avec le sucre, le coton, l'indigo.
Voici maintenant, la maison de Labourdonnais, très belle maison coloniale avec un beau jardin. En fait Labourdonnais n'y a jamais habité, mais il y avait ici la grande sucrerie qu'il avait créée, dont il ne reste que la cheminée.
Cette trés belle maison a été construite par Christian Wiehe, une personnalité importante de Maurice au milieu du 19 ème, je mets ici les photos pour changer un peu de l'historique.
Ce texte, en bonne place dans cette maison explique la vitalité extraordinaire de ce travailleur acharné, qu'était Labourdonnais.
Il est vrai qu'il a fait venir un très grand nombre d'esclaves à Maurice, en pariculier de Madagascar, mais il demande aux colons de les traiter correctement et de bien les nourrir. Il impose aux colons de cultiver le blé et d'avoir du bétail, mais bp de colons ne le suivent pas sur ce sujet et continuent d'avoir un comportement brutal.
Lustres de Baccarat et peintures réalisées dans le célèbre atelier de Jean Zuber, un alsacien.
Dans le jardin, ces arbres énormes , les Intendances, importées de Ceylan et ce bel arbre à fleurs au nom inconnu pour moi
En 1744, se produit le naufrage du Saint Géran au large de Maurice, Bernardin de St Pierre s'en inspira pour son célèbre roman Paul et Virginie, paru en 1788, toujours en vente dans les librairies mauriciennes.
En 1767, arrive Pierre Poivre de la compagnie des indes, il devient intendant de Maurice et va créer cet extraordinaire jardin de Pamplemousses, un des plus beaux jardins botaniques du monde. Voici un tout petit aperçu de cet extraordinaire jardin que nous avons visité avec Armel.
J'aime toujours autant les nénuphars. La villa Montplaisir est toujours là, mais a été maintes fois transformée.
De tres nombreux chefs d'état sont venus ici planter un arbre!
Il y a de très belles allées, comme celle de Paul et Virginie.
Il y a aussi des baobas et de beaux palmiers bouteille
Les colons se rallient à la révolution, mais refusent l'abolition de l'esclavage!
En 1810 a lieu la seule victoire navale de Napoléon à Grand port, je suis un peu déçue de ne trouver que ce canon et aucune inscription......
Six mois après, les britanniques prennent l'ile Maurice, le général français capitule, ses forces étant trop inférieures en nombre!
L'isle de France redevient l'île Maurice, et est rattachée à l'empire britannique. A la fin de l'occupation française, la population s'élevait à 73000 habitants, dont 80% d'esclaves de Madagascar et Mozambique. Aprés 2 générations seulement, la langue issue des esclaves et des français était devenue la langue maternelle des descendants d'esclaves et l'est toujours : le créole mauricien.
Les anglais laissent aux franco-mauriciens leur langue, leur religion catholique, leur système juridique et leurs plantations.
Les britanniques privilégient la canne à sucre et laissent de côté épices, coton, indigo, café.
Tableau de la rade de St Louis, peint par un français, au début de la période anglaise, preuve de l'attachement à cette terre, à l'époque!
En 1835, c'est la fin de l'esclavage.
Nous allons visiter le Morne Brabant, inscrit au patrimoine mondial depuis 2008 : cette motagne trapue de 550m servait de refuge aux esclaves, qui fuyaient les propriétés, on les appelait les marrons.
En 1835, croyant qu'on venait les capturer, alors qu'on venait leur annoncer leur libération, ils se jettent de cette falaise abrupte. Le Morne gagne alors une dimension sacrée qu'il a tjs aujourd'hui. De nombreuses rechrches anthropologiques et archéologiques essaient de trouver des preuves, mais rien n'est prouvé pour l'instant!
En tout cas, tous les récits, transmis de génération en génération concordent. Alors mythe ou réalité ?
Ce monument sur la route de l'esclavage nous a beaucoup plu, et nous sortons de là, émues par tous ces messages d'appel à la liberté.
Ce monument est le témoin et le symbole de la lutte des esclaves pour la liberté.
Les pierres sculptées sont signées d'un artiste, dont le pays d'origine a contribué au peuplement de Maurice
N'ayant plus d'esclaves, il fallait trouver une autre main d'oeuvre bon marché. Les anglais inventent "l'engagisme", les personnes signaient un contrat d"engagement" pour travailler dans les domaines sucriers.
En exemple, cet article de journal de journal de Calcutta, qui explique les differentes tâches et salaires, différents entre hommes et femmes!!!
Entre 1830 et 1920, environ 500 000 personnes de Chine, des Comores, de Madagascar, du Mozambique, mais surtout de l'Inde, ont migré vers Maurice. Leur vie, le plus souvent, n'était pas très différente de celle des esclaves!
Les 2/3 se sont installés de façon définitive et au moins 70% de la population actuelle sont des descendants d'engagés.
Je suis allée à l'Aapravasi Ghat, ancien dépôt d'immigration, construit en 1849 pour recevoir les engagés, il n'en reste pas grand chose, mais ce lieu a, là aussi, une haute portée symbolique.
Il est aussi inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, car c'est un des très rares témoignages du système engagiste dans le monde. En effet, ce système, testé à Maurice, a été adopté par de très nombreuses puissances coloniales. Au total, plus de 2,2 millions de personnes ont migré vers les colonies de 1820 à 1920
Pour terminer ce premier "chapitre" sur Maurice, quelques photos d'engagés.
Même Ghandi est venu ici, en 1901 et a perçu toutes les inégalités, régnant dans ce pays.