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Sur la route du Kerala, le chauffeur nous arrête près ce tout petit temple Jaïn, (religion qui existe depuis 9 siècles av JC, en réaction contre le brahmanisme, il y a environ 10 millions de fidèles dans le monde), accolé à cette colline, nous y sommes montées voir Bouddha; il était tôt, il ne faisait pas trop chaud, nous étions toutes seules; la vue de là haut sur le lac couvert de nénuphars était d'une telle sérénité que Bouddha, là haut semblait parfaitement à sa place.
Nous prenons cette route qui va être très intéressante car nous passons près de cultures variées
Nous nous arrêtons souvent, ici nous regardons le travail dans les rizières
En 2005, l'Inde était le 2ème producteur de riz avec 128 millions de tonnes, il semblerait que la production ait baissé, et la qualité aussi, à cause des semences étasuniennes. Dommage, malgré mes recherches, pas de chiffres récents.
Nouvel arrêt pour ce chantier de fabrication de briques en terre cuite
"Le processus prend 20 jours depuis la livraison de la terre, jusqu’à la livraison des briques finies.
La brique est un mélange de terre argileuse, et de terre sableuse
Ces 2 éléments sont mélangés grossièrement une première fois, humidifiés et mis en tas. Ensuite l’artisan, à l’aide de son « mamudi », une sorte de bêche, mélange le tas de terre en y rajoutant de l’eau. Il malaxe avec ses pieds jusqu’à obtenir une boue homogène. Puis il rassemble cette pâte en un tas. Elle est maintenant prête à être travaillée.
Il saupoudre d'abord un peu de poudre de brique sur le sol où il va travailler, afin que le mélange ne colle pas au sol. Il forme une boule de boue avec ses mains dont il remplit chaque gabarit du moule. Il finit par araser et lisser la surface du moule avec de l’eau. Le moule est en métal et permet de faire les briques trois par trois.
Il dispose ensuite ses briques à plat sur un sol qu’il a préalablement recouvert d’une fine couche de poudre de brique afin qu’elles n’attachent pas. Elles doivent sécher chacune deux jours sur chaque face avant d’être stockées et empilées, en attendant qu’il y en ait suffisamment pour faire une cuisson. Pendant la saison des pluies, les briques sont recouvertes de feuilles de cocotiers afin de les protéger des fortes pluies.
Les briques sont ensuite enfournées et cuites pendant 3 nuits. Le four est constitué d’une seule chambre. A sa base des chenaux et des ouvertures sont maçonnés, et la disposition des briques permet de créer des alvéoles afin que les flammes se répartissent entre les briques. Le feu est mis directement dans les chenaux par les ouvertures. On laisse le four refroidir pendant une journée, puis on peut sortir les briques et les faire livrer sur les chantiers."
Juste à coté un champ de coton, mais la récolte est bien maigre et comme j'ai vu pas mal de reportages en France sur le coton indien et Monsanto, je sais qu'il y a plein de pb avec le coton OGM, de même qu'avec le riz, d'ailleurs. Rien à voir avec les magnifiques champs de coton du Tchad, couverts de fleurs
L'inde produit 22% de la production totale mondiale de coton
Non loin de là, le jasmin, mais la jolie indienne qui ramasse n'accepte pas la photo, je la respecte et vais voir l'autre cueilleuse, qui accepte gentiment
Petit buisson de jasmin
A plusieurs reprises, nous voyons ces champs de fleurs, dont essentiel de la production est réservé aux temples, ce sont ces gros oeillets d'Inde, jaunes et orange qui sont vendus en collier devant tous les temples.
On comprend que ça s'appelle oeillets d'Inde, il y en a partout!!
Le Kerala compte environ 33 millions d'habitants, la densité de population y est très élevée, 850h/km2, la fécondité y est très basse 1,8 enfant par femme. C'est le seul état indien, héritier d'une société matrilinéaire, où il nait plus de femmes que d'hommes. De 1957 à 1991, les marxistes ont administré le pays et c'est à nouveau le parti communiste, très populaire qui est à la tête du kerala. C'est là aussi que le taux d'alphabétisation est le plus élevé 94% et 92% pour les filles, c'est le plus élevé du pays. C'est cet état qui détient l'indice de développement le plus élevé de l'Inde.
La tolérance est de mise et de très nombreuses religions se côtoient sans heurts.
Les paysages nous ont séduits avec leurs collines de thé, on ne pouvait s'arrêter de prendre des photos car c'était toujours différent et toujours magnifique
C'est à Munnar, que pousse le thé, c'est à Allepey que sont les backwaters et c'est à Cochi que nous avons terminé notre périple
Nous traversons une petite ville avant d'arriver devant ces merveilleuses plantations de thé
On a vraiment l'impression que pas une feuille ne dépasse

La plupart des femmes que nous avons vues, travaillaient pour Tata, énorme entreprise indienne, mais le thé n'est pas le secteur le plus important. Tata rachète en 2000 les thés britanniques TETLEY pour 138 millions de dollars, pied de nez aux anciens colons!! Autour de Munnar, tout est TATA, les plantations de 36km autour de Munnar sont des plantations Tata, très bon thé, poussant à 1600m d'altitude .
C'est l'acier et tous les véhicules voitures, camions......qui ont fait la force Tata. Cette entreprise est maintenant dans de très nombreuses multinationales; j'ai même vu que Tata avait investi 100 millions de dollars dans le service de location de voitures avec chauffeur Uber
Une femme ci dessous nous montre l'outil aveclequel elle coupe les petites feuilles vertes.
Il y a 3 sortes de thé mais toujours avec la même variété, le Camélia Sinensis : le thé blanc, le plus précieux est préparé avec les bourgeons et les toutes jeunes feuilles encore enroulées. Le thé vert est préparé avec les jeunes feuilles vert clair comme le noir, mais n'est pas fermenté, il subit 3 opérations : torréfaction, roulage séchage et le noir subit une fermentation en plus.
Voici les feuilles vert clair qui sont coupées et ce qu'on voit rarement les fleurs et les fruits du plant de thé
Une balade de 5h nous attend et nous sommes très heureuses de pouvoir marcher dans de tels paysages, Mi reste dans notre jolie maison de Rose Garden et va aller visiter des plantations.
Nous retrouvons notre guide vers 6h30, ce qui explique ces paysages baignés de brume aux timides rayons du soleil, c'est magique!
Arrivés tout en haut de notre montagne, le guide sort un petit déjeuner somptueux, nous n'en revenons pas!!En redescendant , nous tombons sur ce gîte écologique où tout est en bois, les jardins sont très beaux
Dans une de nos pérégrinations, nous tombons sur une réunion Tata, je prends cette photo et le manager n'est pas content; une femme a levé le pouce, en douce, pour me dire Bravo!!!!!
Quelques renseignements sur ce travail
Une femme cueille environ 27 kilos de thé par jour, et elle est payée 300 roupies (100 roupies =1,35 euro) et 1 roupie par kilo supplémentaire. Un repas peut coûter moins de 20 centimes.
Elles ont 16j de vacances. La maison la crèche, l'école, l'eau, l'hôpital sont gratuits, l'électricité est payante
Tata emploie 16000 cueilleuses, qui repassent dans les mêmes champs, environ tous les mois, parfois plus, parfois moins.
Quand nous étions sidérées par ce salaire si bas, à chaque fois, et même une femme avec laquelle on a pu parler anglais, il nous était répondu que c'était une grande chance d'avoir un travail stable.
C'est la pause de midi, elles vont manger chez elles, voici leurs maisons.Le tracteur arrive pour prendre le chargement car le thé ne doit pas fermenter.
Nous nous promenons dans la ville de Munnar, où se prépare une réunion du parti communiste, nous allons au marché. Comme vous pouvez le voir, nous aimons beaucoup les marchés : poissons séchés, feuilles de bétel, légumes......
Cette ville est très agréable pour son climat. A 1600m d'altitude, il fait délicieux et de nombreux indiens viennent ici quand il fait trop chaud ailleurs.
Puis, nous allons à Periyar, une ville à une centaine de km de Munnar, acheter notre petite cargaison d'épices, pas chères du tout, (mais nous, nous nous sommes fait arnaquer dans un jardin d'épices), et très bonnes!! C'est vraiment La ville de la cardamome, du poivre et autres merveilles, ça sent bon partout!
Voici la ville de Munnar
Nous étions dans une jolie maison "Rose Garden", maison d'une centaine d'années, chez des gens épatants, ravis d'avoir 3 fils qui les aidaient. Le propriétaire, diplômé de botanique nous a fait visiter tout son jardin, d'au moins 500 plantes différentes, déjà planté par son grand père, mais essentiellement avec de la cardamome. Lui porte souvent le dothy, sorte de pagne masculin, soit laissé long, soit remonté un peu comme un short.
Sa femme nous a invités à regarder comment elle préparait le repas délicieux du soir, mais presque trop abondant
Quatre " jolies jeunes filles"derrière la liane de jade!!!! et noix de muscade, il y a une seule noix dans chacun de ces fruits
Cardamome, on la ramasse grain à grain selon la maturité. De la fleur au fruit, il faut compter 45j. Pour 5kg cueillis frais, on obtient 1kg sec
Poivre, c'est une liane. Le poivre vert est cueilli avant maturité et séché à l'ombre. Le poivre noir est très mûr et séché au soleil. Pour obtenir du poivre blanc, on enlève la peau avec de l'eau bouillante.
Après le ramassage du thé, elles repartent ramasser du poivre.Ci dessous, magnifiques associations de plantes: le thé à l'ombre des arbres, servant de tuteurs aux lianes de poivre!
Nous avons pu longuement discuter avec cette femme qui parlait un peu anglais et qui a bien corroboré nos chiffres concernant les salaires et tout le reste.
Nous nous régalons des chapatis, des naans, les dosaï et les pappadam, sorte de crêpe fine et craquante, c'était souvent notre préféré. Je crois que ce qui est roulé, puis déroulé et cuit comme une crêpe sont les parathas!
Sur la route, encore quelques merveilles
Nous arrivons à Allepey, surnommée "la petite Venise indienne", point de départ des croisières touristiques sur les backwaters et spécialisée dans la fabrication de parapluies de grande qualité
Voici quelques photos
Nous allons vers les Backwaters, et devons traverser un canal pour aller sur l'ile de l'autre coté dans notre hébergement, mais le chauffeur a un mal fou à savoir où nous laisser car notre gîte est peu connu. Après plusieurs coups de fil, nous voyons une petite barque qui nous attend!!! il fait terriblement chaud; le jeune couple qui nous accueille est très sympa, le repas est prêt : du riz et du poisson; nous rencontrons là un couple de tout jeunes français, ayant envie de faire une expérience dans ce pays, et habitant Pondichéry. Ce jeune essaie de créer pour un jeune indien qu'il a rencontré, une petite agence de voyage originale.
"Les Backwaters sont une série de lagunes et de lacs d'eau saumâtre parallèle à la mer d'Arabie, en retrait de la côte de Malabar, paysage typique de l'État du Kerala au sud de l'Inde.
Le réseau, constitué de quelque 1 500 kilomètres de canaux, tant naturels qu'artificiels, inclut plusieurs grands lacs dont l'Ashtamudi et le Vembanad. S'étendant sur pratiquement toute la longueur de la côte du Kerala, il est alimenté par une quarantaine de fleuves côtiers descendant des Ghâts occidentaux. Les lagunes ont été constituées par l'action des vagues et des courants côtiers créant une barrière d'îles basses aux embouchures des fleuves côtiers"
Un mot sur les gros et beaux bateaux "kettuvalam ou houseboat", ils étaient destinés au transport des marchandises, riz , épices principalement. Le fond de ces bateaux en natte de fibre de coco et en bois d'angili n'ont pas de clous; les lattes de bois étaient colmatées par de la fibre de coco puis badigeonnées de résine, extraite de la noix de cajou. Menacés de disparition par la construction des routes, les kettuvalam ont trouvé une deuxième vie avec le tourisme, mais le revers de la médaille est le trop grand nombre de ces bateaux et la pollution dûe aux moteurs!
Nous avions décidé de ne pas aller sur ces houseboat, très beaux et très photogéniques, mais polluants. Nous allons donc pendant plusieurs heures voguer dans une petite barque, à moteur, tout de même; la petite taille de ces barques nous permettra d'aller dans des petits canaux, impraticables par les gros bateaux. Tout se passe sur le rivage, on vient chercher de l'eau, faire la lessive, la cuisine, on se promène, on achète, on vend. Il y a 2 églises, un hôpital une poste, une grande école privée
Magnifique promenade, embarquez avec nous et jouissez de ces images, véritables tableaux vivants!
Le lendemain, je me lève tôt et pars à l'aventure, quelle belle lumière!
Certains houseboat n'ont pas encore bougé, les touristes dorment
Il y a une messe dans une église ou une prière. Des jeunes sont en train d'arranger des pétales de fleurs et des fleurs sur une tombe, ils m'expliquent que leur grand père est mort.
On ne peut s'empêcher de capter sans arrêt de belles images; on a tellement envie de ne pas oublier!
Avant de reprendre la route et de retraverser, toutes les quatre, nous avons tellement de mal à quitter ce lieu, que nous repartons faire un tour, c'est l'heure, où les enfants arrivent à l'école. Les pères, les frères les amènent à vélo sur ces sortes de digues, recouvertes de coco.
C'est l'heure de l'école, mais aussi de la distribution d'eau potable.
Avec cette photo où l'on voit les filles qui vont à l'école, je pense au livre de Malala et à son combat, réussi dans cet état du Kerala, mais on n'est pas au Pakistan! Puisse ce pays s'inspirer de ce modèle kéralais!
Bientôt, le dernier épisode de ce grand périple de quatre mois!